En observant à distance un de mes rosiers, je remarque quelques feuilles trouées…
En m’approchant un peu, je distingue comme des petites crottes noires sur ces feuilles.
En l’inspectant de plus près, je débusque sous les feuilles et dans les plis, un charançon gris-brun, que je n’avais jamais vu, malgré plus de 20 ans à cultiver des rosiers en m’intéressant de près aux petites bêtes qui peuplent le jardin! Rapidement, j’en déloge une petite quinzaine…
Le lendemain, 5 ou 6 autres… Le surlendemain, encore un… Et depuis, plus rien…
Pas si faciles à photographier car ils semblaient fuir la pleine lumière…






Identification difficile…
Ils mesurent environ 5 ou 6 mm je dirais. Plus grands que les charançons pique-boutons des rosiers. Ils sont de couleur gris-brun. Les pattes sont gris-noir avec des fémurs dentés. Les antennes longues et fines.


Il est très difficile d’identifier précisément les Curculionidae.
J’avais pensé au genre Phyllobius, en particulier Phyllobe du poirier (Phyllobius pyri) que l’on rencontre d’avril à juin, notamment sur les aubépines et les ronces qui sont aussi des rosacées… mais à part les fémurs dentés, tous les critères d’identification ne collent pas.
Sur le groupe Naturaliste de France, on m’a suggéré Naupactus cervinus, aussi appelé Charançon du rosier. Ça me semblait très pertinent au vu de la plante hôte mais un spécialiste du groupe a réfuté cette hypothèse (yeux trop larges, la forme du pronotum ne correspond pas non plus et l’espèce n’a pas les fémurs dentés).
Il confirme qu’on est bien dans la sous famille des Entiminae (rostre raccourci et trapu + la morphologie générale) et précise : « Avec la combinaison des très gros yeux + la section latérale du pronotum assez mince (de l’ordre de la largeur de la tête), je serais plutôt partis sur l’un des Polydrusus brun, style cervinus ou inustus ».
Un autre spécialiste du groupe précise que Polydrusus cervinus n’a pas de soies noires sur les élytres contrairement à Polydrusus inustus. Voilà donc une piste!
Bref, n’est pas entomologiste qui veut!
Quelle que soit l’espèce, il semble que les larves se nourrissent de racines de diverses plantes herbacées, tandis que les adultes grignotent les feuilles et fleurs de leurs plantes hôtes.















Et vous, aviez-vous déjà vu ce charançon là sur un rosier?




Bonjour Malorie. Toujours remarquables ces photos qui me sont d’une grande aide! Je pars à la chasse aux charançons sur mes rosiers tout de suite !
Je vous envoie le lien d’un entomologiste, M. André Lequet, que j’avais contacté une fois et qui m’avais très gentiment répondu. Peut-être pourra-t-il vous aider.
https://www.insectes-net.fr/index.htm
Merci pour vos articles
Muriel
Horreur…peur sur la ville et au jardin….les extraterrestres ont debarque..avec leur cortege d inquietude et de misere…
Bonjour,
Quoiqu’on en dise nos agriculteurs se sont déjà bien améliorés dans leurs pratiques et ils ont depuis des années déjà diminués l’utilisation des protections des plantes, améliorés leurs pratiques, et oui ==> mais cela la presse n’en parle jamais! Dès lors, les ravageurs sont et seront de plus en plus nombreux, il faudra faire avec. Certains maintenant se plaignent de découvrir la présence de doryphores dans leur potager! A bon entendeur 🙂
Merci pour ce partage très intéressant, comme d’habitude. Oui, j’en ai repéré un cette année : comme un othiorrynque, en plus petit. Je dois me méfier et y regarder de plus près, donc. J’habite à Hem, près de Lille.
Nathalie (@nathjardine)